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COLL: Conversing with the Dead (16e-18e siècles)

10 décembre - 8 h 00 min - 11 décembre - 17 h 00 min

Conversing with the Dead

Forms, genres, gender and practices

 

Converser avec les morts

Formes, genres, pratiques

 

Colloque/ colloquium

10-11 Décembre 2026/ 10-11th December 2026

 

Université Sorbonne-Nouvelle (PEARL/Prismes)

 

Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis (TransCrit)

 

Sorbonne Université (VALE, Modernités 16-18)

 

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Les transformations religieuses induites par la Réforme ont profondément modifié le rapport des vivant·es aux mort·es dans l’Angleterre de la première modernité. Malgré la suppression du purgatoire, des prières pour les défunt·es et de l’intercession des saint·es, ainsi que le changement de statut des fantômes et des spectres dont on prétend désormais qu’ils ou elles ne sont que de viles illusions fabriquées par le diable, on continue néanmoins de dialoguer avec les mort·es. Le développement du théâtre professionnel permet à cette conversation d’avoir notamment lieu sur la scène. Celle-ci offre un espace fictionnel de substitution aux rites abolis, mais aussi un espace de médiation ambiguë et de réflexion critique portant non seulement sur les pratiques dans le domaine mais touchant aussi à des questions religieuses, politiques et sociales plus vastes. Le Hamlet de Shakespeare en constitue un exemple frappant et bien connu, mais quantité d’autres pièces de la période élisabéthaine et jacobéenne peuvent être invoquées. Se développe également au cours des XVIe, XVIIe et XVIIe siècles, dans les Îles britanniques, comme ailleurs en Europe, un goût de plus en plus prononcé pour la forme du Dialogue avec les mort·es, reprise à Lucien de Samosate, dont les œuvres sont popularisées en particulier par la traduction latine qu’en donnent Érasme et Sir Thomas More. Pendant comique et grinçant du dialogue socratique, voire contre-dialogue socratique, le Dialogue avec les mort·es participe des instruments pédagogiques privilégiés des méthodes humanistes et sceptiques, qui cherchent à instruire tout en déconstruisant, par la satire et le rire, illusions et croyances superstitieuses – celles-là même qui empêchent l’accès au savoir et permettent l’exercice de différentes formes de pouvoir abusif. Considérée comme un texte dangereux, conduisant potentiellement à l’athéisme, la traduction de Lucien par Érasme et More est mise à l’index par l’Église dans les années 1590.

Détails

Organisateur

  • L. Cottegnies