Responsables : Line Cottegnies et Alexis Tadié
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L’ Axe Modernités 16-18 – Littérature et Savoirs en Grande-Bretagne XVIe-XVIIIe siècles, créé au sein de l’EA 4085 VALE à l’Université Sorbonne Université en novembre 2017, s’intéresse à la constitution des modernités dans les Îles britanniques de la Renaissance aux Lumières. Constamment mis en avant par les philosophes ou les savants, le caractère « moderne » de la période doit être saisi comme un point de fuite qui organise l’époque, qui articule des oppositions intellectuelles et sociales, qui permet des reconfigurations de savoirs ou l’émergence de nouveaux genres au sein de la République des Lettres. Ces modernités font l’objet de transactions, d’interrogations, d’adhésions enthousiastes comme de rejets immédiats.
Cet axe rassemble des chercheurs de VALE et au-delà qui travaillent sur la période dans une perspective transdisciplinaire. Il permet par exemple aux spécialistes de théâtre ou d’histoire des idées, de philosophie ou de roman, de dialoguer autour de thématiques renouvelées. Si son objet premier est les Îles britanniques, les dimensions européenne et coloniale seront nécessairement intégrées aux travaux de recherche.
L’axe possède son propre carnet de laboratoire sur Hypothèses.org: https://earlymodern.hypotheses.org/
L’axe s’organise selon deux directions :
1. « Modernités 16-18: Séminaire sur la Grande-Bretagne de la première modernité ».
Ce séminaire principal fédère les chercheurs et doctorants de l’équipe et au-delà qui travaillent sur la période de la première modernité entendue au sens large en moyenne durée. Il s’appuie sur un séminaire régulier, centré sur une thématique retenue pour une durée moyenne de deux années universitaires. Les années 2018 à 2021 ont été consacrées au jeu dans la littérature et la culture des Îles britanniques. Le nouveau thème pour les années 2021-2023, déterminé par l’AG des membres de l’axe, est « Poétique et Politique de l’arbre à la première modernité » (voir le carnet de laboratoire). Depuis 2024, l’Axe offre un séminaire conjoint avec PEARL (SOrbonne Nouvelle). Le thème est : « Littératures, Savoirs et Savoir-faire ».
Le séminaire alterne séances de travail sur des textes et séances « ouvertes », où nous accueillons des intervenants autour de la thématique retenue. Il intègre les doctorants travaillant sur la période, qui sont associés à son organisation.
2. « ShakeS: Shakespeare en Sorbonne » (2017-2025)
Prenant acte de l’absence de séminaire régulier dédié en priorité aux études shakespeariennes dans le paysage français, l’Axe Modernités 16-18 a créé en décembre 2017 un groupe de travail, intitulé ShakeS: Séminaire Shakespeare en Sorbonne. Exclusivement consacrés à Shakespeare (et à ses contemporains), et principalement au théâtre, ses travaux sont articulés au programme du Séminaire Modernités 16-18. Ce séminaire bimestriel se veut un espace convivial et stimulant où les chercheurs plus confirmés comme les jeunes chercheurs peuvent venir présenter leurs travaux en cours sur Shakespeare et ses contemporains. Séances simples ou doubles où des conférenciers invités présenteront leurs travaux et séances de type table ronde (« work in progress ») alterneront au fil du temps. Une journée d’étude a été organisée en avril 2019 conjointement avec le London Shakespea3. re Centre (King’s College, Londres), à Londres, avec lequel un partenariat est noué. Les doctorant(e)s travaillant dans le champ seront particulièrement bienvenu(e)s.
Les activités de ShakeS ont été fusionnées de fin 2019 à juin 2022 avec le programme « ClioS — Clio en scène : Faire l’histoire. L’histoire immédiate sur la scène britannique » (Projet IDEX Emergence de Sorbonne Université). Voir le site de Clios.
Par ailleurs, un sous-groupe a fédéré entre 2021 et 2024 un groupe de doctorants (et mastérants) et une collègue MCF pour travailler à l’édition numérique d’un manuscrit d’une édition- transcription de six pièces de Shakespeare conservée à la Bibliothèque municipale de Douai. Le projet, en collaboration avec l’Université de Victoria, a abouti à une première livraison d’une édition semi-diplomatique de trois pièces à l’automne 2023, et la seconde livraison, des trois pièces suivantes, a eu lieu en avril 2025. Voir Projet de numérisation du Manuscrit de Douai MS 787.
Voir le site de l’édition numérique: https://lemdo.uvic.ca/douai/
Le séminaire ShakeS est en sommeil à la rentrée 2025, en raison du démarrage du projet « Les femmes et la pratique expérimentale aux 17e et 18e siècles », dans le cadre du projet SPHINX (ANR Horizon 2030).
3. Projet « Les femmes et la pratique scientifique dans les Iles britanniques aux 17e et 18e siècles; Contribution à une histoire alternative de l’émergence de la science moderne », dans le cadre du programme SPHINX (ANR Horizon 2030), 2025-2030. Co-Porteuses : Line Cottegnies (Études anglophones, VALE UR 4085) et Sandrine Parageau (Études anglophones, HDEA UR 4086)
Alors que femmes ont largement été occultées dans l’histoire de la philosophie et des sciences (au temps de la « philosophie naturelle »), l’histoire intellectuelle et l’histoire des pratiques culturelles, en se déportant de l’étude des systèmes, permettent conjointement d’appréhender la participation des femmes à la culture scientifique de la première modernité dans une perspective interdisciplinaire. Depuis les années 1980, dans les pays anglophones d’abord, puis plus largement, de nombreuses études et anthologies ont été consacrées à la pensée scientifique ou philosophique de ces femmes de la période moderne, telle qu’elle se manifeste dans leurs écrits, publiés ou non. Cette histoire des penseuses est en cours d’écriture. En revanche, l’histoire de la pratique scientifique de ces femmes reste à écrire. Parce qu’il est plus difficile d’en trouver trace dans les archives, mais aussi parce qu’elle prend des formes variées, cette pratique de la science a été largement ignorée jusqu’ici. Notre projet vise à contribuer à une histoire de l’émergence de la science moderne pour remettre au premier plan des penseuses et des praticiennes de la science invisibilisées parce qu’elles n’ont pas produit une œuvre systématique, mais qui se sont illustrées par une pratique de la science expérimentale, et qui l’ont transcrite, dans leur quotidien ou dans leurs écrits, y compris considérés comme plutôt « littéraires ». On s’appuiera pour cela sur les travaux de Jean-François Bert et Jérôme Lamy qui proposent une histoire matérielle de la science moderne pour interroger l’existence d’une histoire matérielle spécifiquement féminine des savoirs (Voir les savoirs : Lieux, objets et gestes de la science, Anamosa, 2021).
Qu’est-ce que pratiquer et penser la philosophie naturelle pour les femmes de l’époque moderne ? Comment les femmes, qui sont exclues des académies, pratiquent-elles la science ? On voudrait mettre en évidence le rapport des femmes à la culture scientifique et philosophique et à l’expérimentalisme dans les îles Britanniques à une période où la méthode expérimentale domine la pratique scientifique, entre la fin du XVIe siècle (au temps des écrits de Bacon) et le XVIIIe siècle, dont la science est fondée sur l’essor de l’empirisme tel qu’il est d’abord diffusé par les virtuosi de la Royal Society et pratiqué par Newton et ses successeurs. Pour les femmes, la « science » ne se « fait » pas dans les laboratoires ou dans les cercles savants, bien que certaines, comme Margaret Cavendish ou Katherine Ranelagh, aient pu avoir accès aux instruments de leur conjoint, d’un frère ou d’un parent (voire posséder les leurs). La science se pratique plutôt dans la cuisine (on pense aux nombreux livres de recettes attribués à Hannah Woolley), au jardin, dans les prés (voir l’entomologiste Eleanor Glanville) ou la forêt, au contact des malades à soigner, que ce soit dans la sphère domestique ou dans la communauté locale. Dès lors, elle n’est plus seulement l’affaire des élites. Certaines femmes sont même reconnues comme des « expertes », comme la sage-femme ou la guérisseuse.
Mais on s’attachera aussi à démontrer dans ce projet que les femmes pratiquent la « science » de manière détournée. La pratique expérimentale ne se cantonne pas à la philosophie naturelle ; elle s’applique par extension à d’autres formes de pensée, comme la méditation (comme dans les méditations de Lady Mary Rich), ou s’écrit dans des genres littéraires qui peuvent devenir des expériences de pensée (thought experiments), qu’ils prennent la science en train de se construire comme sujet ou non : la poésie « scientifique » (Bradstreet, Cavendish, Hutchinson…) ; le roman « scientifique » et exploratoire pour Margaret Cavendish (The Blazing World), la comédie qui se moque des expérimentalistes pour Aphra Behn et ainsi commente la science en train de se faire (The Emperor of the Moon)… Est-il possible de traquer dans la littérature à sujet non-scientifique des « expériences de pensée » pertinentes pour notre étude ? On s’efforcera de penser les modalités communes du discours littéraire et du discours scientifique pour réfléchir au rôle joué par « l’imagination expérimentale » (Tita Chico) dans la science de la première modernité.
English version:
The research group Modernités 16-18 – Littérature et Savoirs en Grande-Bretagne XVIe-XVIIIe siècles, is part of the Research Unit EA 4085 VALE at the Sorbonne Université. It focuses on the emergence of « modernity » in the British Isles from the Renaissance to the Enlightenment. The « modern », which is constantly invoked by philosophers and scientists, can be seen as the vanishing point which structures the period, defining intellectual and social oppositions, and allowing reconfigurations in the various fields of knowledge as well as the emergence of new genres in the Republic of Letters. These various forms of « modernity » emerge out of complex transactions, negotiations and debates. They have their enthusiastic followers and fierce critics. This research group brings together scholars working on the early modern period in a transdisciplinary perspective. It allows for instance specialists of drama and intellectual history, of philosophy and the novel, to work together on common objects. If the main focus of the seminar is the British Isles, the European and colonial dimensions will not be forgotten.
Our work is structured along two different lines:
- « Modernités 16-18: The Sorbonne Seminar on Early Modern Britain / Séminaire sur la Grande-Bretagne de la première modernité ».
This seminar brings together scholars and doctoral students who study the early modern period from the Renaissance to the eighteenth century. It meets every 5 or 6 weeks, alternating informal short papers based on collective work on specific texts, and longer, more formal papers. The years 2018 to 2021 will be dedicated to « sports and games ». The new theme for the period 2021-2023, chosen collectively, is « Uses of the tree in the early modern period ». See our blog: https://earlymodern.hypotheses.org/
From 2024, « Modernités 16-18 » and PEARL (Sorbonne nouvelle) have merged their activities to offer a regular seminar on the early modern period. The new theme is « Literature(s), Knowledge and Know-how ».
- « ShakeS: Shakespeare en Sorbonne » (2017-2025)
The new seminar « ShakeS », created in December 2017, will be exclusively devoted to the study of Shakespeare and his contemporaries, and mainly to drama; it is the only regular seminar dedicated to Shakespeare in France to date. Its research programme will be closely articulated to the Modernités 16-18 Seminar. In the years 2017 to 2020, the seminar has alternate more formal sessions with invited lecturers, and sessions dedicated to short, work-in-progress interventions. The seminar also welcomes doctoral students working in the field. A partnership is set up with the London Shakespeare Centre (King’s College, London) and Freie Universität Berlin, and a joint research event was organized in London in April 2019. It was followed by an international conference in Paris on February 2022, 11th and 12th on « Shakespeare and the Contemporary ».
The activities of ShakeS were merged with those of the Clios Emergence programme (Clio on Stage: Immediate history on the British early modern and contemporary stages) between 2019 and 2022. See Clios.
Moreover, a subgroup was created to work on the DOUAI MANUSCRIPT PROJECT with half a dozen Ph.D. and MA students. The project is now complete, after a publication in two installments: September 2023 and April 2025.
See the website of the digital edition: https://lemdo.uvic.ca/douai/
The ShakeS seminar is now suspended, because of the beginning of a new collective project on « Women and Experimental Practice in the 17th and 18th Centuries » (as part of the ANR Horizon 2030 scheme).
3. Project on « Women and Experimental Practice in the 17th and 18th Centuries » (as part of the ANR Horizon 2030 scheme), 2025-2030, PIs : Line Cottegnies (Études anglophones, VALE UR 4085) et Sandrine Parageau (Études anglophones, HDEA UR 4086)

