VALE : Voix Anglophones Littérature et Esthétique

SEM VALE Réception, 06/05/2021: C. Lorre-Johnston, « La réception de la littérature postcoloniale : vers une “décolonisation de l’imaginaire” ? »

La prochaine séance du séminaire VALE aura lieu par zoom (lien ci-dessous) le jeudi 6 mai de 17h30 à 19h avec une intervention de:

Christine Lorre-Johnston (Sorbonne Nouvelle), sur

« La réception de la littérature postcoloniale : vers une “décolonisation de l’imaginaire” ? » 

Résumé:

Cette présentation commencera par rappeler certains aspects problématiques de la réception de la littérature postcoloniale ; on évoquera les travaux de Graham Huggan sur « l’exotisme postcolonial » en Occident (2001), et ceux de Sarah Brouillette sur la convergence entre des ouvrages postcoloniaux jugés exotiques et la demande d’un marché cosmopolite globalisé (2007). Face à cet état de fait, comment sortir des clichés ? La notion de « décolonisation de l’imaginaire », pour reprendre l’expression de Marie José Mondzain (2020), constitue une piste d’ouverture essentielle, qui implique « l’accueil de l’étranger » plutôt que son exotisation. Cette décolonisation passe souvent par un jeu sur les effets d’exotisme, ou un dialogue avec eux, qui ont pour objectif de questionner la construction du regard posé sur l’autre. Pour illustrer ce processus, j’aborderai le motif du cheveu africain dans Americanah (2013), le roman de Chimamanda Ngozi Adichie, et dans Somnyama Ngonyama (2012- ), une série de photographies de Zanele Muholi. Le cheveu, à la fois très public (visible de tous) et très privé (il fait partie du corps), est une interface sémiotiquement chargée. C’est d’autant plus le cas pour le cheveu africain tel que perçu par les Occidentaux, que ce soit dans une situation coloniale, postcoloniale ou post-esclavagiste. Bien que s’inscrivant dans des contextes différents, ces deux œuvres nous interrogent sur la manière dont les relations de race sont incorporées, et nous rappellent la violence et la portée de la colonisation dans ses différentes formes.

 

Bio: Christine Lorre-Johnston est maître de conférences à l’Université Sorbonne Nouvelle et mène ses recherches dans le domaine de la littérature et de la théorie postcoloniales en anglais. Elle a publié entre autres, avec Ailsa Cox, The Mind’s Eye: Alice Munro’s Dance of the Happy Shades (Fahrenheit, 2015), et co-dirigé, avec Eleonora Rao, Space and Place in Alice Munro’s Fiction: A Book with Maps in It (Camden House, 2018). Elle est rédactrice de la revue Commonwealth Essays and Studies depuis 2017.

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Alexis Tadié, Line Cottegnies et Benjamine Toussaint

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